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Éditorial

Hélène Jacquot-Guimbal
Gilles Roussel

Quel bilan dressez-vous de cette première année d'existence de l'Université Gustave Eiffel ?

Hélène Jacquot-Guimbal : Nous ne pouvions pas imaginer pareils débuts. Comme tout le monde, la crise sanitaire nous a mis à rude épreuve, quelques semaines seulement après la naissance officielle de notre établissement. De nombreuses rencontres ou déplacements n'ont pu avoir lieu et certains grands projets sur le feu ont connu un développement moins rapide que prévu. La gestion de la pandémie a provoqué une forme d'épuisement général, en particulier au 1er semestre, mais la résilience de notre collectif a été impressionnante et de nombreux projets de recherche, de formation, de gestion ou de communication ont pu avancer malgré tout. Quand on a survécu à une première année comme celle-ci, on survit à tout.

« Développer les potentiels et donner à tous les conditions de la réussite ».

Gilles Roussel : Malgré nos différences de culture et un contexte difficile, cette année 2020 confirme que notre pari de fusion était le bon. Une relation de confiance s'est établie entre les établissements fondateurs et je suis convaincu du sens et de la plus-value de notre union. Projets de recherche et de formation, rapprochements entre personnels, mise en commun des processus et des méthodes de travail… Tout n'est pas encore visible mais de nombreux signes montrent que nous allons dans la bonne direction. Il s'agit maintenant de continuer à faire évoluer l'université et de faire en sorte que les gens se connaissent davantage pour développer les potentiels et donner à tous les conditions de la réussite.

Comment s'est traduite la fusion et quels temps forts ont marqué la vie de l'établissement ?

H. J.-G. : Tout au long de l'année, nous avons eu à prendre de nombreuses décisions et engagements dans l'urgence : achat de masques, recrutement d'ATER et d'emplois
étudiants, aides sociales, prolongation des thèses… Grâce à la Direction Générale des Services, à un système de gestion efficace et à des valeurs partagées, nous avons su garder l'équilibre. Nous avons également bien avancé dans l'intégration d'ESIEE Paris et dans la préparation du transfert du pilotage de l'ISITE FUTURE de la COMUE Paris-Est Sup vers l'Université Gustave Eiffel. Rappelons aussi que les premières élections des conseils centraux organisées fin novembre 2020 ont enregistré un taux de participation très élevé (85 %) et que nous avons bénéficié d'un fort soutien de la part des professeurs et enseignants-chercheurs.

G. R. : L'intégration s'est bien déroulée. L'UPEM et l'IFSTTAR ont totalement fusionné et le processus se poursuit avec les écoles, au rythme de chaque établissement. La juxtaposition des services n'a pas toujours été simple mais elle a fonctionné. L'objectif est désormais d'avoir une organisation la plus efficiente possible pour conduire nos missions de service public et pour favoriser encore l'unification et la simplification de nos processus et de nos outils internes afin de faire un seul et même établissement. Nous constatons également une vie étudiante riche sur les campus. Les étudiantes et les étudiants partagent les mêmes préoccupations et une volonté de travailler ensemble. Cette dynamique est renforcée par le parlement étudiant, instance unique qui soulève par ailleurs de nouvelles questions et attentes sur des sujets comme la transition écologique ou l'égalité femmes-hommes. Sa représentativité et sa porosité sont très encourageantes.

Comment l'université est-elle accueillie sur la scène internationale ?

H. J.-G. : L'Université Gustave Eiffel permet d'intégrer de nouveaux réseaux et donne une nouvelle ampleur à chacun de nos établissements fondateurs. Notre entrée dans le classement de Shanghai en est l'illustration et nous fait bénéficier d'une visibilité non négligeable pour notre tout jeune établissement. Notre participation au Transportation Research Board (TRB) à Washington en janvier 2020 a aussi contribué à initier de nouvelles collaborations sur la ville de demain, notamment avec la DG Recherche et Innovation de la Commission européenne qui a été partenaire de notre journée « Europe - Recherche et Innovation Urbaine » en octobre dernier.

G.R. : C'est une évidence : au niveau national comme international, l'Université Gustave Eiffel se distingue déjà dans le paysage de la recherche et de l'enseignement supérieur. Son nom et son originalité marquent les esprits. Avancer ensemble sous cette identité est un gain de visibilité et de lisibilité pour chacune des composantes. Cette notoriété a été très rapidement acquise et nous donne un poids bien plus important. Elle contribue à consolider nos partenariats et à en inventer de nouveaux en croisant nos réseaux de partenaires, en recherche comme en formation.

Comment s'est portée l'activité de recherche et de formation en 2020 ?

H. J.-G. : Nos chercheurs et enseignants-chercheurs ont déposés de nombreux projets à l'Agence nationale de la recherche et ont beaucoup collaboré, y compris auprès de laboratoires en cotutelle avec le CNRS, l'Université de Lyon, Aix-Marseille Université, l'ENPC, etc. Nous avons aussi lancé des travaux pour mieux comprendre la crise sanitaire et ses impacts ainsi que des projets de recherche-action sur la ville. Nos activités partenariales se sont poursuivies avec les acteurs industriels tels que les groupes Vinci, EDF ou Eiffage dans le cadre du projet E3S à Châtenay-Malabry par exemple. L'Université Gustave Eiffel favorise l'interdisciplinarité et en particulier l'intégration des sciences humaines et sociales ou des sciences politiques dans les projets de recherche. C'est notamment l'un des atouts du Labex Futurs Urbains et de l'observatoire des innovations urbaines en cours de création.

« La résilience de notre collectif a été impressionnante ».

G. R. : Nous avons poursuivi nos missions de formation et de recherche et des synergies se sont mises en place mais, dans le contexte de pandémie, certains projets ont été mis en sommeil et nécessitent plus de temps. Les coopérations des campus avec les acteurs académiques et institutionnels ou les collectivités territoriales ne font que commencer. La création d'un diplôme universitaire de sécurité routière en Afrique en est un avant-goût. Proposé sur le campus Méditerranée, en partenariat avec le Cerema et le CITA, il sera ouvert dès la rentrée 2021. Nos quatre Labex assurent une vraie animation scientifique et les thématiques portées par le projet d'université européenne PIONEER ou par le projet « Graduate Programs pour les études doctorales (GP-DS) », soutenu dans le cadre du PIA3, sont autant d'outils pour insuffler de nouvelles stratégies, renforcer la formation par la recherche et valoriser nos nombreuses compétences sur la ville, les transports et les territoires.